INCIDENCE ET FACTEURS DE RISQUE DE LA LUXATION PATELLO-FEMORALE CHEZ L'ADULTE ATTEINTE DE LA MALADIE DE CHARCOT-MARIE-DENT (CMT) : UNE ÉTUDE OBSERVATIONNELLE

E. Léone1, S. Davenport1, C.Robertson2, M. Laura3, MM Reilly3, G. Ramdharry3
1Physiotherapy Group, UCL Great Ormond Street Institute of Child Health, Londres, Royaume-Uni, 2Wimbledon Clinics, Parkside Hospital, Londres, Royaume-Uni, 3Queen Square Centre for Neuromuscular Diseases, National Hospital for Neurology and Neurosurgery, Department of Neuromuscular Diseases, UCL Queen Square Institute of Neurology, Londres, Royaume-Uni

Contexte: La luxation fémoro-patellaire est fréquemment rencontrée en pratique clinique chez les personnes atteintes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT). Malgré l'association bien connue entre des caractéristiques physiques spécifiques et la survenue d'une luxation fémoro-patellaire, la fréquence et les facteurs de risque de luxation fémoro-patellaire chez les adultes atteints de CMT sont actuellement inconnus. Par conséquent, cette étude visait à étudier l'incidence et les facteurs de risque de luxation fémoropatellaire chez les adultes atteints de CMT.

Objectif : L'objectif principal de cette étude était d'établir l'incidence de la luxation fémoro-patellaire chez les adultes vivant avec une CMT. L'objectif secondaire de cette étude était d'explorer les facteurs de risque qui prédisposent les personnes atteintes de CMT à subir une luxation fémoro-patellaire.

Méthodologie: Une étude observationnelle transversale a été menée dans une cohorte de personnes atteintes de différents sous-types de CMT. Les adultes atteints de CMT fréquentant leurs cliniques externes dans un centre neuromusculaire spécialisé au Royaume-Uni ont été invités à subir une évaluation fémoro-patellaire. Un examen physique de l'articulation du genou a été effectué et une série de questions concernant l'historique de toute luxation fémoro-patellaire ont été posées.

Résultats: Parmi 31 personnes atteintes de CMT, l'incidence de la luxation fémoro-patellaire était de 32.3 %. La luxation rotulienne était associée à un sous-type CMT-1A (p = 0.013) et à un âge plus jeune au début de la maladie (p = 0.004). Patella alta (OR, 9.0, IC à 95 % : 2.4 - 34.0 ; p = 0.001), signe J (OR, 5.4, IC à 95 % : 1.3 - 21.7 ; p = 0.017), glissement rotulien latéral (OR, 17.3, 95 % IC : 2.1 – 142.8 ; p=0.001), l'hypermobilité articulaire généralisée (OR, 8.3, IC 95 % : 1.6 – 42.1 ; p=0.012) et la faiblesse des muscles fléchisseurs du genou (p=0.012) étaient tous associés à un risque accru de luxation fémoropatellaire. Une posture du pied en pronation était associée à une augmentation faible mais non significative du risque de luxation rotulienne (p = 0.163). La patella alta et l'âge d'apparition étaient également des prédicteurs indépendants de la luxation fémoro-patellaire (p = 0.028 et p = 0.024, respectivement).

Conclusion(s) : La luxation fémoropatellaire était fréquente dans cette cohorte d'adultes atteints de CMT et était associée à de multiples facteurs de risque. Les caractéristiques prédisposantes identifiées peuvent être traitées par les cliniciens par des mesures préventives, de soutien et correctives.

Implications La connaissance des facteurs de risque peut offrir aux cliniciens la possibilité de fournir aux personnes identifiées comme étant à risque de luxation rotulienne des interventions préventives, de soutien et correctives personnalisées, réduisant ainsi la survenue d'épisodes de luxation fémoro-patellaire et ayant un impact sur le fardeau de la maladie et la qualité de vie de ces individus. Une vaste étude observationnelle prospective est nécessaire pour mieux comprendre l'incidence et les facteurs de risque de luxation rotulienne dans cette population. À cette fin, la collecte de données pour la présente étude est toujours en cours. Une étude cas-témoins, à l'insu de l'évaluateur, utilisant des images IRM serait utile pour évaluer les facteurs de risque anatomiques chez les personnes atteintes de CMT ayant des antécédents de luxation et un groupe témoin d'individus atteints de CMT sans un tel antécédent. Cela permettrait aux cliniciens d'évaluer objectivement les facteurs de risque et d'explorer la corrélation entre les mesures cliniques et les mesures radiologiques de la luxation patellaire.

Financement, remerciements : Les auteurs n'ont reçu aucun financement spécifique pour ce travail.

Mots clés: Luxation fémoropatellaire, Incidence, Maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT)

Topic: Appareil locomoteur: membre inférieur

Ce travail a-t-il nécessité une approbation éthique? Oui
Établissement : NHS Angleterre
Comité : HSC REC A
Numéro d'éthique : 19/NI/0031


Tous les auteurs, affiliations et résumés ont été publiés tels qu'ils ont été soumis.

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