RÉHABILITATION DE LONGUE DURÉE SUITE À UNE VICTIME DE L'INSÉCURITÉ POLITIQUE AU BURUNDI EN 2015

Mapinduzi J.1, Rau B.2, Barth C.3
1Institut Saint Kizito, Physiothérapie, Bujumbura, Burundi, 2Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Santé (Programme de réadaptation physique), Genève, Suisse, 3Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Santé (Programme de réadaptation physique), Bujumbura, Burundi

Contexte: L'insécurité politique est courante dans le monde, en particulier dans les pays en développement comme le Burundi. Cette situation a des effets négatifs sur la vie de la population. De nombreuses personnes sont gravement blessées et la plupart d'entre elles deviennent physiquement handicapées. Leur réhabilitation représente un défi de taille comparable à l'ascension du mont Kilimandjaro. En effet, les services de réadaptation sont souvent peu développés et reconnus et il n'y a que peu de professionnels formés (environ 25 kinésithérapeutes diplômés au Burundi pour une population de 11 millions). Connaître le rôle de l'équipe de rééducation permettra de montrer à la population burundaise l'intérêt de la kinésithérapie pour retrouver autonomie et qualité de vie.

Objectif : L'objectif de cette étude de cas au Burundi est de présenter le rôle de l'équipe pluridisciplinaire et la place de la kinésithérapie pendant l'insécurité politique en 2015.

Méthodologie: M. IB est un constructeur de maisons âgé de 24 ans. Atteint d'une lésion cérébrale due à une balle dans le ventre, il a été récupéré et amené à l'unité de soins intensifs de l'hôpital militaire de Kamenge par Médecins sans frontières, puis transféré dans leur unité de rééducation. Il a ensuite disparu et a été retrouvé et admis à l'Institut de rééducation Saint Kizito soutenu par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Des évaluations à l'aide d'un outil du CICR (basé sur la classification ICF) ont été faites à l'admission (juin 2016), après 2 mois et à la sortie (octobre 2016). Une rééducation neurologique de base suivant le protocole du CICR et les conseils d'un expatrié a été réalisée.

Résultats: À la fin de cette étude, nous avons constaté que la douleur est passée de élevée (EVA> 7) à 0, la mobilité articulaire était partielle et a augmenté à la normale dans toutes les articulations, la force musculaire était d'environ 3 à la première évaluation pour les principaux muscles et a augmenté à 5 Activités de la vie quotidienne sur la base d'un score de 50, passé de 15 à 22.5 et 27.5. Des fonctions telles que s'asseoir étaient impossibles à l'admission et devenaient exécutées sous assistance à la sortie. L'endurance à la marche s'est améliorée, passant initialement de moins de 2 minutes sans pause à 10 et enfin 30 minutes (avec une béquille). Monsieur IB est devenu partiellement indépendant dans ses activités de la vie quotidienne et sa famille a été formée pour apporter un soutien approprié. De plus, une orthèse cheville-pied a été fabriquée par l'orthésiste et l'équipe interdisciplinaire a révisé ses progrès chaque semaine.

Conclusion(s) : Le soutien du CICR et l'avantage d'une approche d'équipe multidisciplinaire se sont avérés essentiels en ces temps difficiles. Notre étude a montré qu'un programme de rééducation bien conduit conduit à une fonction positive et suffisante qui assure la meilleure qualité de vie pour Mr IB.

Implications Les conclusions de cette étude pourront servir de base au ministère de la santé du Burundi pour mettre en exergue le rôle d'une équipe pluridisciplinaire et l'appui des organisations humanitaires dans la prise en charge des victimes des violences politiques. Trop peu d'études soulignent l'importance de professionnels de la réadaptation formés et de la mise en œuvre de directives efficaces pour assurer la qualité des services en temps de conflit et de paix.

Remerciements de financement : n/a

Topic: La gestion des catastrophes

Approbation éthique étude de cas descriptive avec l'approbation du patient


Tous les auteurs, affiliations et résumés ont été publiés tels qu'ils ont été soumis.

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