THÉRAPIE PHYSIQUE ET MÉCANOBIOLOGIE – TOUT COMMENCE AU NIVEAU CELLULAIRE

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S.Rogan1,2,3, E. Luijckx1, J.Taeymans1,2
1Haute école spécialisée bernoise, Département des professions de la santé, Berne, Suisse, 2Vrije Universiteit Brussel, Faculté d'éducation physique et de physiothérapie, Bruxelles, Belgique, 3Akademie für Physiotherapie und Trainingslehre, Grenzach-Wyhlen, Allemagne

Contexte: La physiothérapie se concentre principalement sur la réparation de la structure lésée (par exemple, le tissu osseux) pour restaurer la capacité fonctionnelle. Cependant, les découvertes récentes de la recherche en mécanobiologie montrant les effets des forces physiques au niveau cellulaire ont conduit à la prise de conscience que l'état d'esprit de la thérapie physique devrait être mis à jour. La conversion d'un stimulus mécanique sur la cellule en un signal intracellulaire biochimique est connue sous le nom de "mécanotransduction". Cette dernière comprend la translocation des stimuli vers le noyau cellulaire, la transcription au niveau nucléaire et la traduction au niveau cytoplasmique. Cette voie de signalisation mécano-biochimique semble être un facteur clé dans la promotion de la synthèse protéique dans les cellules.  

Objectif : L'objectif de cette revue était de fournir un aperçu des preuves scientifiques actuelles qui sous-tendent la façon dont la charge mécanique peut être utilisée dans un contexte de physiothérapie pour construire ou réparer des tissus.

Méthodologie: Une recherche documentaire systématique dans les bases de données EMBASE et PubMed a été effectuée. Deux examinateurs indépendants ont examiné tous les résumés éligibles. Les textes intégraux des articles inclus ont été lus indépendamment par les deux mêmes examinateurs. Les mêmes chercheurs ont extrait les données et étudié les caractéristiques de manière indépendante.  

Résultats: La mécanotransduction a été définie comme un processus dans lequel les cellules convertissent une charge mécanique en une réponse biochimique. La mécanothérapie décrit l'utilisation de forces mécaniques pour favoriser la guérison des tissus. Les mécanothérapies activent des réponses biologiques spécifiques dans les cellules pour induire la réparation des tissus et augmenter la guérison après une lésion tissulaire. Les intégrines de la membrane cellulaire ainsi que les canaux ioniques mécanosensibles et des mécanorécepteurs supplémentaires sont impliqués dans les voies de transduction primaires cellulaires. La charge mécanique interne est produite par une réaction physiologique lors d'un entraînement d'endurance, d'un exercice de force ou de la montée d'escaliers, par une augmentation de la fréquence cardiaque ou du flux sanguin.

Conclusion(s) : Les interventions de physiothérapie suscitent des forces extrinsèques et intrinsèques qui se traduisent par des stimuli mécaniques pour encourager les réponses aux niveaux moléculaire et cellulaire conduisant à des mécanismes de réparation après des lésions tissulaires.

Implications Pour stimuler la mécanotransduction dans les cellules humaines, des forces mécaniques telles que la contrainte de cisaillement, la contrainte de traction ou la force de compression doivent être appliquées sur le corps. Les physiothérapeutes peuvent appliquer un stimulus externe via 
1) mobilisation/manipulation des tissus mous (p. ex. thérapie manuelle, massage thérapeutique) 
2) mobilisation des tissus mous assistée par instrument (par exemple, ultrasons, ondes de choc) 
3) mobilisation active (par ex. musculation).

Financement, remerciements :  Aucun

Mots clés: modalités de kinésithérapie, mécanorécepteurs, rééducation

Topic: Pratique professionnelle: autre

Ce travail a-t-il nécessité une approbation éthique? Non
Établissement : BFH
Comité : Kantonale Ethikkommission Berne, Suisse
Raison : Examen


Tous les auteurs, affiliations et résumés ont été publiés tels qu'ils ont été soumis.

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